Vengeance et justice pour nos soeurs tuées, Dolores, Fanny, Juniper
En trois jours, trois meurtres transphobes sont venus endeuiller la communauté trans internationale.
Peu avant le 9 mai, Fanny Delgado, a été retrouvée assassinée à son domicile à Mexicaltzingo, au Mexique. Surnommée "La Chica del Cabello Blu", la fille aux cheveux bleus, elle était enseignante, chorégraphe, influenceuse. C'était une militante LGBTI et elle siégeait au conseil municipal de Mexicaltzingo en tant que secrétaire à la diversité sexuelle. Elle avait 27 ans.
Le 10 mai, Juniper Blessing est tuée d'une quarantaine de coups de couteau à Seattle, dans l'État américain de Washington. Étudiante en météorologie et sciences de l'atmosphère, elle était originaire de Santa Fe, dans l'État du Nouveau-Mexique et était venue à Seattle pour étudier. C'était une chanteuse, une amie et une fille laissant sa famille et ses proches endeuillés. Elle avait 19 ans.
Dans la nuit du 11 au 12 mai, c'est Dolores, une militante trans historique camerounaise, l'une des premières du pays à faire un coming-out public, travailleuse du sexe, qui est assassinée à Yaoundé. Elle a été retrouvée le lendemain matin, la gorge tranchée. Figure connue localement, elle avait mené une vie de lutte pour les droits LGBTI au Cameroun, et avait été persécuté par l'État dans une répression effroyable allant jusqu’à l'emprisonner. Malgré ça, elle avait toujours poursuivi la lutte. Elle avait 35 ans.
Nous perdons en trois jours trois de nos soeurs, trois camarades dans la lutte, que nous n'avions jamais pu rencontrer, mais qui tant à nous apprendre, tant à lutter, tant à vivre.
Ce soir, l'ensemble des personnes trans dans le monde, des militants internationalistes sont endeuillés. Notre tristesse ne connaît pas de limites, et chacune de ces morts nous affecte et nous rappelle la mort de plus d'un millier de personnes trans par an aux violences transphobes. Des soeurs, des camarades qui nous sont enlevées à jamais, et qui pour la plupart tombent dans l'oubli, et où leur ,identité la plus intime est niée jusque dans la mort.
Le nom de Dolores, Fanny et Juniper ne sera pas oublié, et rejoindra la triste liste des noms cités le 20 novembre à la journée du souvenir trans (TDoR), aux côtés de toutes celles tuées par racisme, par suicide, dans le cadre du travail du sexe, par leur famille, leurs amants, par transphobie et misogynie.
L'Organisation de Solidarité Trans porte depuis la France sa solidarité pleine et entière aux communautés trans du monde entier, en particulier du Mexique, des États-Unis, et du Cameroun, ainsi qu'aux associations et organisations locales, qui pleurent la mort de leurs soeurs et de leurs militantes. Nos pensées vont aux partenaires, aux amies, aux camarades et aux familles des trois victimes.
Mais notre tristesse et notre solidarité sont, insuffisantes. Nous réclamons vengeance et nous battrons, tant qu'il le faudra, pour venger nos soeurs de leurs assassins, et de tous leurs complices permettant et normalisant les féminicides de nos soeurs trans. Nous ne connaîtrons aucun repos tant que nos camarades ne connaîtrons pas de justice.
Tant qu'il le faudra, jusqu'à la victoire.
Posté le 2026-05-15 par Organisation de Solidarité Trans