Que se passe-t-il à l'ExisTransInter ?
Il faut reconnaître qu’une crise surgit dans le mouvement trans et intersexe. La marche annuelle aura bien lieu le 17 octobre, mais il y aura deux appels différents. Ce qui se révèle existe en vérité depuis plusieurs années. Le mouvement trans/intersexe est divisé sur deux questions : le choix de la cogestion médicale et la convergence vers l’anti-impérialisme. Depuis 2021, se développent des associations codirigées par des psys et des trans. À l’heure où le mouvement trans n’a pas su s’il devait applaudir ou dénoncer les recommandations de la Haute Autorité de Santé, et où celles sur les enfants arrivent, la question reprend. À l’OST, nous appelons à construire le rapport de force, plutôt que la compromission dans les instances. Enfin, en 2025, plusieurs associations ont appelé à supprimer le soutien de l’ExisTransInter à la Résistance palestinienne, considérant ce soutien “hors-sol”. Pourtant, ce n’est qu’en faisant le lieu avec la militarisation de l’État qu’on ne peut comprendre quelle est la racine de la vague antitrans d’aujourd’hui. Là sont les deux divisions. À partir de 2017, la marche annuelle faiblit. En 2022, l’Organisation de Solidarité Trans (OST) arrive dans le cadre et prend un rôle moteur. Elle organise toutes les réunions, la manifestation, son déroulement, la communication, le travail d’alliance avec la Marche des Solidarités. La stratégie de rapport de force nécessite d’élargir la participation du mouvement social, en premier lieu avec les sans-papiers. Le cadre est élargi pour que les organisations trans et intersexes soient déchargées de l’aspect logistique : participent ainsi les Inverties, l’UCL, le STRASS. Trois années de suite, cette proposition est acceptée par le cadre. Certaines associations s'écartent - parce qu'elles critiquent une marche d'extrême gauche, ou parce qu'elles reconnaissent ne pas avoir le temps. Alors la ligne se radicalise, et assume une position de lutte de classes. Pourtant, tous les deux mois, l'OST continue de les relancer pour assurer de leur présence en réunion. Mais, lorsqu'elles reviennent, une ligne politique est déjà assumée. C'est cela qui vaut à l'OST d'être attaquée. Ces attaques prennent les formes suivantes : agression sexiste et sexuelle dans le cadre de la manif, puis ignorance du témoignage de la victime en 2024, puis communiqués mensongers et menaces d’agressions physiques pour empêcher une camarade de prendre la parole en 2025, entre autres. Lors d’un putsch, une douzaine d’associations signent un communiqué isolationniste et défaitiste. Seules trois d’entre elles se pointent en réunion pour imposer des décisions prises en dehors du cadre. Elles invalident alors toutes les décisions prises par le cadre lorsqu’elles avaient déserté, au mépris de la démocratie. Les organisations LGBTI sans qui la marche ne tournaient pas sont jetées comme des malpropres. Ce “sauvetage” de la marche est un leurre : ces associations ne font rien de leur tour de force. Sous prétexte de concernisme, le mouvement trans et inter s’isole, laisse son avenir entre les mains de l’État et opère un suicide politique. Dix mois plus tard, rien de nouveau sur le front. Les associations “sauveuses” ne donnent aucun signe de vie, malgré l’actualité trans et intersexe brûlante. À l’OST, nous assumons notre choix politique. Il vaut mieux une marche aux positions claires et justes, plutôt qu’une pride, “pour ne pas se limiter aux trans d’extrême gauche” comme le demandaient d’autres. Sans nouvelle du cadre, l’OST a pris les devants. C’est à ce moment que nous avons découvert qu’Acceptess-T préparait en secret la marche, encore une fois au mépris du cadre démocratique, et toujours sans soulever autant d’indignation chez les associations vassales. Cette géométrie variable nous interroge : le problème est-il vraiment la démocratie ? Si nous ne prétendons aucunement les représenter, nous assumons de prendre une nouvelle fois à bras le corps l’organisation de la manifestation. Et comme à chaque fois, les soutiens sont les bienvenus. Nous invitons les associations à plus de courage, et à assumer leurs différends politiques, plutôt que de lancer des paniques morales concernistes, mensongères et libérales, ou de rompre avec des principes essentiels du féminisme (croire les victimes). Tout en prônant l’autonomie des luttes, ces associations sont gavées de subventions par la raciste DILCRAH et la mairie putophobe et sioniste de Paris. Elles travaillent main dans la main avec les médecins de la HAS, et sont incapable d’envisager un rapport de force pour défendre nos droits. Plusieurs rejettent la RDR. La bourgeoisie les tient en laisse avec le pacte républicain, d’où leur absence de soutien aux luttes anti-impérialistes ; même face au contexte politique de réactionnarisation, de militarisation et de génocide. Nous reconnaissons volontiers le travail historique de ces associations. L’autosupport développé au fil des années a été essentiel dans la construction des organisations qui leur ont succédé, comme la nôtre. Et leurs luttes politiques ont pavé le chemin de notre libération. Mais les temps ont changé, et plusieurs de ces associations constituent désormais le nouveau camp réformiste et assimilationniste. D’où leur rejet de la convergence des luttes. L’OST refuse d’aller dans le mur sans bouger. L’heure n’est pas à la Pride, elle est à la lutte, au rapport de force. Il y a une divergence historique entre le mouvement associatif de cogestion médicale et le mouvement trans, d’ailleurs très divers, qui prône l’autonomie totale des transitions. Tout autre appel pourra être intégré au cortège : l’heure sera à la marche, non aux règlements de comptes. De plus nombreuses informations liées à la date et aux perspectives d’unité de classe seront communiquées dans les plus brefs délais. L’ExisTransInter est anti-impérialiste, elle n’est pas une place pour les alliés des patrons, des politicards et des psychiatres ; ceux-là même qui oppriment les trans, les intersexes, les TDS, les sans papiers et les peuples du monde entier. Vive la lutte révolutionnaire de libération trans et intersexe ! Rendez-vous le 17 octobre à Paris, pour l’ExisTransInter !
Posté le 2026-09-24 par Organisation de Solidarité Trans