Loi Rodwell : Le gouvernement fasciste avant l'heure
Adoptée fin juillet en cachette, la loi Rodwell constitue une énième attaque contre les droits des étrangers et des trans. La bourgeoisie macroniste, en limitant les changements d’état-civil (CEC) et les droits des sans-papiers, ne cache plus vouloir notre mort. Fin 2023, le ministère de l’intérieur fiche les changements d’état-civil effectués dans un table de correspondance à des fins racistes. Au printemps, le Conseil d’Etat approuve le décret-scélérat, malgré le recours des associations trans et LGBTI. Ces attaques ont des conséquences bien réelles : des suicides de nos frères, sœurs et adelphes, des mineurs non accompagnés à la rue, des meurtres ou des agressions, transmisogynes ou policier.
La loi Rodwell n’a rien de surprenante, elle s’inscrit dans la fascisation du gouvernement macroniste. Mi-avril, le gouvernement retire le projet de loi Yadan, qui criminalise les soutiens à la résistance palestinienne, mais en parallèle l’abjecte Aurore Bergé souhaite la faire revenir à la rentrée. Il prépare aussi une loi légitimant les policiers à tuer des gens, suscitant une forte mobilisation. Dans ce tumulte, la loi Rodwell est passée inaperçue. Sous couvert de lutte contre le terrorisme, l’Etat oblige les personnes faisant leur CEC à fournir leur casier judiciaire, et pourra s’opposer à la demande si celui-ci n’est pas vierge. Les trans prolétaires, non seulement doivent désormais débourser 50€, mais en plus ne peuvent risquer d’être poursuivi au risque de ne pouvoir avoir de papiers.
Soyons clairs : cette loi raciste attaque d’abord les étrangers et/ou sans-papiers. Elle empêche légalement les étrangers de changer de nom et prénom si cela n’est pas autorisé dans leur pays d’origine. La France pille les ressources et impose une division des sexes partout où elle a colonisé ; elle coince maintenant les étrangers, ne pouvant changer ses papiers dans un pays ou un autre. La même loi prolonge l’enfermement possible dans les CRA (Centre de rétention administrative), aux conditions inhumaines. Les personnes trans étrangère pourront théoriquement changer de prénom en même temps que de mention de sexe devant le tribunal, en pratique elles sont discriminés par la justice bourgeoise.
Face à cela, l’unité de notre classe doit être notre boussole. Des mobilisations ont lieu partout en France à l’occasion du débat sur la loi permis de tuer. Nous appelons toutes organisations, trans ou sans-papiers, à s’y joindre. Faisons connaître la loi Rodwell, et revendiquons son abrogation.
Posté le 2026-09-22 par Organisation de Solidarité Trans & Fransgenre