Loi de 2016 sur le travail du sexe : 10 ans d'horreur, 10 ans de luttes
Le 13 avril 2016, l’abject Parti socialiste faisait voter une loi à l’Assemblée nationale sur le travail du sexe. Fruit d’un travail de lobbying de la part des féministes abolitionnistes, le texte avait pour but de “renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées”.
En 10 ans, cette loi a fait toutes les preuves de son inefficacité et de son horreur. D’un côté, les gouvernements successifs n'ont évidemment pas mis les moyens pour faire sortir les TDS de la précarité. La bourgeoisie, raciste et misogyne, n’a en effet aucun intérêt à les aider. A peine quelques centaines de TDS ont pu être aidés, alors qu'il y en a plusieurs dizaines de milliers en France. Del'autre, la criminalisation des clients a conduit à un encore plus grande précarisation des TDS. Du fait de la baisse de la demande, elles doivent travailler plus à l'écart des lieux habituels, désormais surveillés par la police, et accepter des clients et des pratiques plus violentes, afin de subvenir à leur besoin. La loi est si absurde qu'elle peut considérer l'aide aux TDS comme du proxénétisme, et les empêche d'obtenir des démarches essentielles comme ouvrir un compte en banque ou obtenir de l'aide d'association
Comme ce métier est très précaire, c'est la partie la plus marginalisée de notre classe qui est sur-représenté. Trans, racisée et/ou sans-papier n'ont souvent pas d'autres choix, exclus des autres moyens de travail. Du même coup, ce soit quasiment systématiquement des femmes trans TDS sans-papiers qui sont commémorés lors du TDoR, jour du souvenir trans. Vanesa Campos en 2018, Jessyca Sarimento en 2020, Ivanna Macedo Silva en 2021 ou Géraldine en 2024, nos sœurs ont été tuées a cause de cette précarité, tuées par la bourgeoisie dont le PS et le porte-étendard. En cela, il faut rappeler encore et toujours que les travailleurs et les travailleuses du sexe sont, comme tous les autres travailleurs, soumis à la bourgeoisie. Tout travail est une forme d'exploitation violent et abîme les corps, la seule différence ici étant le caractère sexuel. Il est d'autant plus important de parler de la transmisogynie et du racisme qui sont poussent dans les métiers de l'économie parallèle, nous fétichisent et hypersexualisent. Cette différence est montée en épingle par les féministes libérales, incapables de voir nos soeurs comme des allies contre le patriarcat et la bourgeoisie.
Ainsi, les luttes trans n'ont pas de sens sans soutien inconditionnel des revendications TDS, puisque que c'est la partie de notre communauté et de notre classe la plus discriminée. De surcroît, les luttes TDS doivent être portées par les organisations de luttes. Partout où cela est nécessaire, nous devons lutter pour l'amélioration immédiate des conditions d'existence des TDS, ce qui passe forcément par la revendication de l'abrogation de la loi de 2016. De la table de correspondance des changements de prénoms à la proposition de loi Rodwell en passant par la fin de la gratuité des CEC, les mesures racistes et capitalistes du gouvernement touchent directement les personnes trans. Seule une unité franche et déterminée de notre camp social, contre la bourgeoisie, les macronistes et leur laquais socialistes, permettra de préserver nos droits et d'en gagner.
Vive les luttes des travailleurs et travailleuses du sexe !
Abrogeons la loi de 2016 qui nous opprime !
Posté le 2026-04-13 par Organisation de Solidarité Trans